Analyse | Dix enjeux entourant le Canadien à la veille des séries
Les thèses, les hypothèses, les commentaires et les détails sont nombreux à émaner du vestiaire du Canadien à l’approche de sa série de premier tour face aux Capitals de Washington. Il serait difficile d’ignorer certains aspects de cette confrontation pour aller plus en profondeur avec d’autres. Nous vous proposons donc ces 10 enjeux entourant le Canadien dans sa quête d’une victoire surprise face aux Caps à partir de lundi. On pourrait dire que les Capitals de Washington sont bâtis pour les séries éliminatoires, mais cela n’effraie pas le défenseur Kaiden Guhle. Même que ça fait son affaire. Selon le jeune défenseur, le style de jeu auquel on va assister durant ce premier tour jouera à la faveur du Canadien étant donné que c’est le genre de hockey que le CH aime pratiquer. Kaiden Guhle et Alexander Ovechkin Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis Cela fait des semaines qu’Alexandre Burrows, désormais consultant au développement des joueurs chez le Canadien, se penche sur les Capitals en préparation d’un possible affrontement. Martin St-Louis et ses adjoints ont décortiqué les statistiques avancées, ils ont analysé le comportement des unités spéciales des Capitals et visionné beaucoup de vidéo. Mais en fin de compte, peu importe l’adversaire, St-Louis entend rester fidèle au style qui a permis à son équipe de se rendre jusqu’en séries. Les données démontrent que les Capitals, comparativement aux années précédentes, sont devenus très efficaces à établir une présence devant le filet adverse et à générer des tirs de proche. Leurs cinq meilleurs marqueurs cette année mesurent tous au moins 6’3 et ils sont difficiles à déplacer. Le fait que l’immense Aliaksei Protas, la révélation de l’année à Washington, soit présentement à l’écart du jeu donnera peut-être un répit au Canadien, mais Guhle sait qu’il y aura fort à faire pour disperser la circulation. En théorie, l’attaque à cinq du Canadien a tous les ingrédients pour connaître du succès. Mais depuis quelques belles séquences, plus tôt cette saison, qui ont été servies par le tir dévastateur de Patrik Laine, l’avantage numérique s’est graduellement enfoncé, et a terminé le calendrier en ne marquant que trois buts à ses 33 dernières occasions. St-Louis a parlé récemment d’une exécution qui n’était pas suffisamment rapide. On peut aussi se poser des questions sur la façon dont les coéquipiers de Suzuki attendent à la ligne bleue que ce dernier transporte la rondelle en zone adverse. Laine lui-même n’a décoché qu’un total de trois lancers frappés à ses 10 derniers matchs et il n’a pas la même aisance pour dégainer que plus tôt en saison. Patrik Laine Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi Et tout comme à l’époque de P.K. Subban, puis de Shea Weber ensuite, le CH semble encore incapable de développer d’autres menaces lorsque son principal tireur est menotté. L’avantage numérique peine entre autres à exploiter le tir de Cole Caufield qui travaille désormais au centre de l’enclave. Vendredi, Lane Hutson a soutenu que la première unité n’avait aucune excuse pour avoir laissé les choses glisser de la sorte, mais qu’elle ne devait pas non plus chercher à réinventer la roue pendant qu’elle cherche des moyens de s’en sortir. St-Louis espère que le jeu du chat et de la souris au plan stratégique, qui verra les deux équipes s’ajuster au fur et à mesure de la série, donnera de nouvelles opportunités à son attaque à cinq. En étant confrontée à l’infériorité numérique des Capitals pendant plusieurs matchs, son unité reconnaîtra peut-être mieux des failles à exploiter. Le Canadien n’a pas généré énormément d’attaques à forces égales cette année. Il doit donc trouver le moyen de mettre des buts en banque par le biais de son avantage numérique. L’entraîneur-chef des Capitals, Spencer Carbery, doit bien savoir que son équipe est largement favorite pour l’emporter au premier tour. Mais samedi, il a soulevé quelques éléments (nouvelle fenêtre) qui l’invitaient à la prudence. Il a dit se méfier entre autres de l’énergie positive qui doit émaner du vestiaire du Canadien à la suite de sa poussée de fin de saison et de sa présence en séries obtenue à l’arraché. Carbery a aussi rappelé qu’en dépit de tout ce qui se dit par rapport à la jeunesse de la formation montréalaise, six de leurs 18 patineurs faisaient partie de l’équipe qui s’est rendue en finale de la Coupe Stanley en 2021. Et finalement, il a vanté les mérites du trio de Nick Suzuki, le qualifiant de meilleur trio de la Ligue nationale depuis la Confrontation des 4 nations. Ils en mettent plein les bras à l’adversaire. Et quand Lane Hutson est joint à ce trio, c’est l’unité de cinq la plus dynamique de la ligue. Lane Hutson entouré de Nick Suzuki et Cole Caufield. Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte Les Capitals ont survolé le classement de l’Association Est pendant presque toute la saison, mais à leurs 52 derniers matchs, ils n’ont récolté qu’une petite victoire de plus que le Canadien. Autrement, depuis la mi-décembre, ces deux équipes-là sont pratiquement nez à nez. Il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts aussi depuis la dernière présence en séries de Cole Caufield, en 2021, quand il avait récolté 12 points en 20 matchs durant le parcours qui avait mené le Tricolore à la finale de la Coupe Stanley. Depuis ce moment, Caufield est devenu un joueur beaucoup plus complet. Il n’est plus le tireur unidimensionnel d’autrefois. Son positionnement et son implication en défense sont meilleurs, sa cadence de jeu a augmenté, et il passe aussi moins de temps en zone défensive. Selon les statistiques EDGE du site de la Ligue nationale, Caufield passait 41,7% de son temps à forces égales dans son territoire la saison dernière. Or, il a diminué cette part à 38,5% du temps cette année, ce qui le place dans le 71epercentile parmi les joueurs de la LNH. Cole Caufield Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis Évidemment, Caufield a aussi atteint un sommet personnel en marquant 37 buts cette année. Le taux de conversion sur ses lancers est nettement meilleur, et ç’a peut-être à voir avec l’emplacement de ses tirs. Il tire beaucoup moins cette année mais, toutes proportions gardées, il tire plus souvent de la zone payante. Selon les données EDGE, Caufield a cadré 60 de ses 240 lancers dans des situations à haut danger, et il a marqué 17 buts de la sorte. L’année dernière, c’est 67 de ses 314 lancers qui provenaient de zones à haut danger, et il avait marqué 15 buts de ces endroits. Spencer Carbery a lancé des fleurs au trio de Suzuki, mais le rendement de Juraj Slafkovsky demeure l’élément le plus inconstant de cette unité. Le grand Slovaque apprend à mieux utiliser son corps au profit de son équipe, que ce soit en protection de rondelle, par le nombre de coups d’épaule qu’il distribue ou son positionnement en zone offensive. Les atouts sont là, mais Slafkovsky ne les utilise pas encore avec régularité. Voilà pourquoi il sera intéressant de voir si, pareil à un Josh Anderson qui semble se transformer à l’arrivée des séries, Slaf apportera cette dimension physique à un autre niveau. Chose certaine, Caufield semble avoir des attentes très claires à l’endroit de son compagnon de trio. C’est comme ça qu’il devrait jouer à tous les soirs. Il le sait, je pense que tout le monde le sait, et ça lui revient de prendre lui-même la décision de montrer la voie sur le plan physique. Patrik Laine a goûté aux séries éliminatoires dès sa deuxième saison dans la LNH, en 2017-18, quand les Jets de Winnipeg avaient atteint la finale de l’Association Ouest. Il avait 19 ans à l’époque. Sa dernière apparition en séries, en 2020, a été plutôt brève car il s’est blessé à la main lors du premier match de premier tour et il a raté les trois matchs suivants. Les Jets ont été balayés cette année-là par les Flames de Calgary. Laine, qui revendique huit buts et 16 points en 24 matchs éliminatoires dans sa carrière, a les atouts pour faire la différence dans un match, et il promet d’amener son jeu à un autre niveau dans les prochains jours. Dans les six dernières rencontres de la saison régulière, le Canadien a été incapable de cadrer plus de 22 lancers dans un match. L’équipe a terminé 30e dans la ligue pour le total de tirs cette année et ne mise pas sur le volume de tirs pour générer de l’attaque. Mais il y a quand même des correctifs à apporter pour envoyer plus de rondelles au filet et passer plus de temps en zone adverse. Durant ces six rencontres, 13 des 24 tentatives de tirs de Hutson (54%), et 10 des 22 tentatives de tirs de Mike Matheson (45%) ont été bloquées. Au total, la brigade défensive a vu 38 de ses 87 tentatives de tirs (44%) être stoppées par l’adversaire. Mike Matheson Photo : Getty Images / Alex Goodlett Une rondelle déviée, même si elle rate le filet de peu, a des chances de prolonger l’attaque et d’aider le Canadien à rester bien installé. Mais déjà que les joueurs manquent souvent le filet dans la zone dangereuse, ils paient également le prix de croiser aussi souvent les jambes d’un adversaire. Le Canadien a souvent eu recours à la passe lobée en sortie de zone cette saison. C’était une nouveauté par rapport aux deux premières saisons du régime St-Louis. Ces passes lobées ont l’avantage d’empêcher les revirements en sortie de zone et peuvent prendre l’adversaire de court si un rebond favorable profite à un attaquant qui est déjà en pleine accélération. Mais dernièrement, peut-être par excès de prudence, le Canadien a abusé de cette technique. Il a pu éloigner la rondelle de son but, certes, mais ça ne lui a pas souvent permis d’organiser sa contre-attaque. St-Louis espère que ses joueurs identifieront plus d’occasions où la passe à un coéquipier est le bon jeu à faire. Le fait qu’Ivan Demidov se mesure à Alex Ovechkin en séries éliminatoires dès son arrivée dans la LNH titille peut-être beaucoup de gens en Russie, mais la recrue du Canadien n’a rien fait pour mousser cette trame narrative à la veille du premier tour. Ivan Demidov lors de son premier match avec le Canadien. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes Lorsqu’un confrère lui a demandé si Ovechkin était l’une de ses idoles quand il était plus jeune, Demidov a hésité. Demidov espère avoir un impact dans cette série, et il est ravi d'y participer, mais le fait d'être opposé à Ovi ne pèsera peut-être pas aussi lourd dans la balance qu'on le croyait.1. Un style qui favorise le Canadien?
J’en reviens toujours à nos matchs contre les Panthers de la Floride, dit-il. On les a battus quatre fois cette saison, et il n’y a pas d’équipe plus bâtie pour les séries qu’eux.
Je pense que c’est notre style de jeu, du jeu simple, intense en échec avant et avec des rondelles envoyées profondément. Évidemment on a aussi une tonne d’habiletés, mais je pense que c’est ça notre marque de commerce.

On ne changera pas comment on joue. Est-ce qu’on va avoir des petits ajustements plus la série va avancer? Sûrement dans des petits détails, que ce soit sur les mises au jeu ou quoi que ce soit. Mais notre brand, la manière qu'on joue, nous a amené beaucoup de succès cette année. C'est vraiment de ne pas oublier qu'on apporte notre jeu à nous aussi.
2. Attention à la circulation lourde
Je pense que le plus important est de bloquer des lancers, estime l'arrière de 23 ans. Ça aide quand des attaquants se placent dans les lignes de tir ou que les défenseurs affrontent des lancers. Et même là, ce n'est pas juste de bloquer des tirs, mais de se mettre dans le chemin pour les forcer à rater le filet.
Sinon, c'est de les écarter rapidement du devant du but. Ils ont quelques gros bonhommes qui aiment aller au filet, alors il faut les neutraliser rapidement, vite identifier le joueur dont on est responsable, et faire tout ce qu'on peut pour s'assurer que Monty (Samuel Montembeault) puisse voir la rondelle.
3. Décoincer l’avantage numérique

On n'a pas réglé ça avec constance
, a avoué St-Louis, qui a demandé à plus d’un joueur cette année de remplir un rôle en avantage numérique avec lequel ils n’étaient pas familiers.C'est rare qu’un seul gars brise le désavantage numérique de l'autre côté, a indiqué l’entraîneur. Ça prend les cinq gars ensemble qui brisent les désavantages. Des fois, ils vont se briser tout seul, mais quand ça arrive, est-ce qu’on est capable d'attaquer tout de suite ou bien on ne réalise pas que c’était brisé?
Ça, je pense, ça vient avec la maturité et l'expérience.
4. Carbery redoute le trio de Suzuki

5. Caufield et l'attaque de l’intérieur

Il a dû marquer des buts un peu différemment cette année, a noté St-Louis. On le voit plus à l'intérieur de l’enclave, et je pense que c’est important pour lui de ne pas se contenter d'être un joueur de périphérie et d'avoir tout le temps toutes ses touches dans l'espace libres. Le match ne va pas tout le temps te donner ça.
Je pense que, surtout en séries, il faut être prêt à jouer à l'intérieur de l’enclave, qu'on ait un grand gabarit ou non.
6. Il n’en tient qu’à Slaf
7. Laine promet un autre niveau
Oui, je vais monter le volume, a dit Laine d’un ton assuré. La saison régulière ce n’est pas pareil, les séries sont un tout autre animal et je suis toujours survolté en séries ou dans les gros matchs en général, dans l’équipe nationale ou quoi que ce soit. Il y a comme une lumière qui s’allume pour moi, et j’ai hâte de l’allumer lundi.
8. Plus de lancers SVP

Si les rondelles peuvent franchir au moins la première couche de défense, tu peux créer du chaos derrière ça et attaquer parce que la défense est plus étirée, a indiqué St-Louis. On n'a pas eu de bonnes deuxièmes et troisièmes chances parce qu’on se faisait bloquer des lancers. Et ce n’est pas tant d’atteindre le filet, c’est de manquer le premier gars.
Quand ces lancers-là sont bloqués en haut, ça s'en va de l’autre bord sans que l’autre équipe ait eu grand-chose à faire pour aller en offensive à part de bloquer un lancer.
9. Les limites de la passe lobée
Je trouve que dans notre dernière séquence de matchs, on avait des gars ouverts, mais on envoyait la rondelle dans les airs… et là ça revenait. Quand tu l’envoies dans les airs, oui, c’est loin de ton filet, mais si tu n’as pas un bond favorable dans la zone neutre, la rondelle revient et tu te défends beaucoup.
Si tu y vas plus de bâton à bâton quand c’est possible, tu peux passer à la prochaine étape et établir ton échec avant. Mais quand tu la garroches dans les airs que tu n’as pas un bon bond, ça revient et tu ne peux pas faire d’échec avant.
10. Demidov n’a pas d’idole

Peut-être juste quand j’étais enfant, a répondu l’ailier de 19 ans. J’aime beaucoup plus Evgeni Malkin, vous savez? Mais, non, je n’ai pas d’idole.
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